ATTENTION ! Je n'écris pas beaucoup (doux euphémisme !) mais la note qui suit est trèèèèèèèèèèèèèèèèèèèès longue... et pas forcément réjouissante. Je vous prie de m'en excuser par avance !

 

Je subis en ce moment le contre coup d’une grosse année où il s’est passé un certain nombre d’évènements qui se sont enchainés.

Je travaille dans une école d’H. depuis 4 ans (je vais battre mon record d’enseignement dans la même école à la rentrée de septembre). Quand j’avais su que je perdais mon poste dans l’école précédente, j’avais très longuement hésité à mettre l’école où j’enseigne actuellement en haut de la liste des 8 établissements que j’avais choisis. La raison en est la réputation de la harpie qui était directrice.

J’avais déjà eu l’occasion de la voir deux fois alors que j’enseignais en tant que suppléante dans une autre école. La première fois, mon école et la sienne devaient se rencontrer pour chanter. Estimant que certains élèves n’étaient pas très calmes, je m’étais permise d’aller les voir pour leur demander de se contrôler. J’ai su plus tard que la charmante dame (que j’ai surnommée Gracieuse 1ère) avait demandé aux autres collègues : « qui est la dame en noir ? ». J’aurais pour ma part répondu « ce n’est pas Barbara », mais je ne sais pas si elle aurait compris ! Elle n’avait pas eu la politesse de me saluer, comme j’apprendrai plus tard qu’elle ne le fait que contrainte et forcée… Le soir du spectacle, elle avait remercié ses enseignantes qui, elles, n’avaient pas été aidées par un intervenant extérieur. Quelle ne fut pas ma stupéfaction de l’entendre dire : « je remercie, unetelle, unetelle et … moi ! »

La deuxième fois, lors d’un mini tournoi de tennis organisé pour les écoles de la ville et du secteur, j’avais été accueillie et saluée par tous les collègues, sauf elle… Un enseignant m’avait alors appris qu’elle ne riait que lorsqu’elle se brûlait. Elle n’avait eu qu’une ébauche de sourire quand elle avait su que ses élèves terminaient à la deuxième place. Je suis sûre qu’elle n’avait pas autant félicité ses élèves que je ne l’avais fait avec mes élèves arrivés bons derniers.

Lors de mon année de « stage », après le concours, j’avais rencontré une instit dans la même situation que moi (deux fois trois semaines de stage et le reste de l’année en poste), qui travaillait dans cette école. Constatant qu’il n’y avait pas assez de tables dans sa classe de Grande Section de maternelle, pour ses 32 élèves, elle avait demandé à G. 1ère si elle pouvait prendre les quelques tables qui étaient en dehors de la classe de CP de G. 1ère (20 élèves). ON lui avait répondu que non, que ces tables étaient très utiles en cas de besoin pour former des groupes de travail… Réponse de la collègue : « j’espère que tous mes élèves ne seront jamais à l’école en même temps… »

Ceci, plus un certain nombre de rumeurs (auxquelles je n’accorde d’habitude pas d’importance), m’avaient donc fait hésiter à postuler dans l’école. Cependant, la proximité de cette école avait fait pencher la balance. La procédure normale est de déposer une lettre de « candidature » informative dans toutes les écoles où on postule, ce que j’avais fait. Ma nomination dans cet établissement connue, j’avais décroché mon téléphone pour appeler la dirlotte, avec un « peu » d’appréhension (augmentée par mon amour de cet instrument). La suite avait donné raison à mon anxiété. Alors que je me parais de mon plus beau sourire, je m’étais entendu dire qu’elle ne savait pas qui j’étais. Je lui expliquais alors que j’avais bien déposé ma lettre. Elle m’avait alors reproché de ne pas avoir pris de renseignements sur le niveau de classe, la pédagogie… Je lui avais dit que je connaissais le niveau grâce à un enseignant spécialisé qui travaillait dans son école et la mienne. Qu’est-ce que je n’avais pas dit ! L’enseignant en question s’est pris une avoinée pour avoir divulgué des informations sur l’école. J’ai découvert par la suite que c’était le fonctionnement habituel de Madame. Elle ne supportait pas que quelqu’un donne une information avant elle. Pour l’appel téléphonique, j’ai su que toute personne demandant des infos sur un poste à l’école se faisait traiter – derrière son dos – d’emmerdeur, parce que dans une école, on a autre chose à faire que de répondre au téléphone… Un postulant a même entendu que ce n’était pas la peine qu’il demande à venir travailler dans l’école.

Une fois en poste, j’ai découvert le bonheur de travailler avec cette charmante femme : refus des propositions faites par les enseignantes (son « oui, mais… » est devenu un gimmick), dissimulation d’information, mensonges en tous genres, crises d’autorité, pétage de câble pour des broutilles (« qui a pris les pantalons noirs pour la kermesse ? ») … Tous les matins, nous nous demandions quelle serait son humeur, si elle daignerait nous saluer.

Mais plus grave est la vie qu’elle a mené à plusieurs salariées. La même année – et c’est ce qui a commencé à nous faire prendre conscience de la capacité de nuisance sévère de G 1ère – deux personnes ont été obligées de quitter l’école pour cause d’incapacité. La première, aide maternelle, avait demandé une adaptation de son poste de travail pour cause de mal de dos. Elle demandait de passer de petite section (où les tables sont très basses) en grande section (où les tables sont un tantinet plus hautes). ON lui a répondu qu’elle avait choisi de travailler avec les plus petits quelques années auparavant et qu’elle devait assumer ! Elle a choisi de partir parce qu’elle avait quasiment atteint l’âge de la retraite. La situation de la secrétaire a été beaucoup plus douloureuse. Elle travaillait à mi-temps dans l’école et à mi-temps dans une autre école de la ville. Régulièrement, elle finissait sa journée en larmes, suite à des réflexions, sur sa prétendue lenteur notamment. Elle a fini par craquer, par se mettre en arrêt. Elle a été jugée inapte à travailler dans l’école ce que G 1ère a tourné à sa sauce (« elle est incompétente…. ») alors que l’inaptitude ne concernait pas l’autre école. Elle a été licenciée, et je m’en veux de ne pas avoir été en capacité à l’époque de la soutenir et de l’inciter à porter plainte pour harcèlement. Je l’ai revue à plusieurs reprises. Elle ne se remet toujours pas de la façon dont elle a été traitée.

La situation nous (l’équipe enseignante et une collègue aide maternelle) a quand même fait réagir. Nous avons demandé un rendez-vous avec les responsables du syndicat auquel adhère une collègue. Nous avons été reçues par plusieurs personnes qui nous ont assuré de leur compréhension, qui ont confirmé que la situation n’était pas normale. Puis ils nous ont dit qu’il fallait qu’on écrive un courrier signalant les problèmes. Or, à l’époque, nous étions dans un tel état de mal-être que nous n’avons pas osé, par peur de représailles. Ils n’ont pas cherché à savoir comment évoluait l’affaire.

Ce qui a vraiment déclenché une action forte, c’est la volonté que quatre d’entre nous ont eues de nous présenter à l’élection au Comité d’Entreprise, commun à notre école et à un lycée de la ville. Nous n’avions pas connaissance de son existence avant qu’une collègue ne nous en informe. Nous avons donc sauté le pas, dans le but premier de développer des actions de convivialité que G 1ère était incapable de mettre en place. Une collègue et moi avons été élues.

Nous n’avions pas idée de ce que cela allait provoquer !

Dans un premier temps, les réunions se sont super bien passées. Nous avions enfin la vision d’un établissement (le lycée) où des choses étaient mises en place pour le bien des personnes qui y travaillent. Nos langues se sont déliées, nous avons parlé de situations qui étaient à l’opposé de celles vécues au lycée. Ce qui nous a le plus étonnées, c’est la réaction des membres du CE, directeur du lycée compris. Ils étaient abasourdis, et ils nous ont fait prendre conscience de la situation inadmissible que nous vivions. A la suite d’une visite de l’école par le Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail, le secrétaire a fait la demande de casiers fermés où les femmes de service pourraient mettre leurs affaires à l’abri, et d’un frigo pour entreposer les repas des adultes qui mangent à l’école. Nous ne pouvions pas imaginer la réaction de G 1ère. Elle est entrée dans une colère folle, et pendant une demi-heure, ma collègue élue et moi avons entendu qu’elle faisait tout pour son école, que c’était de l’ingérence inadmissible, j’en passe et des meilleures… Nous avons réussi à garder notre calme. Une intervenante extérieure nous a dit par la suite qu’elle avait été choquée par le ton que G 1ère avait utilisé.

Malheureusement pour nous, G 1ère a décidé dès lors d’assister à nos réunions. L’ambiance s’en est particulièrement ressentie. Nous n’osions plus prendre la parole. Le summum de l’irrespect a été atteint lors de la réunion d’organisation de l’arbre de Noël. Quand on a abordé la question des personnes qui devaient acheter les cadeaux pour les enfants, G 1ère s’est exclamé : « vous n’avez qu’à demander à celles-là » en nous montrant du doigt. J’ai cru avoir mal entendu, mais le visage médusé de deux membres du CE ont confirmé la chose.

Mais, elle ne s’est pas rendu compte qu’elle avait commencé à tresser la corde qui allait la pendre. Le secrétaire du CE est membre d’un syndicat qui est « légèrement » différent de celui à qui nous avions été confronté. Il a pris les choses en main, et connaissant les prérogatives des délégués du personnel, il a fait comprendre à la dirlotte un certain nombres de choses, a demandé la mise en place de panneaux légaux pour l’information du personnel. Il est venu à l’école et a insisté jusqu’à obtenir satisfaction. Elle a tellement mal supporté qu’il insiste qu’elle l’a accusé de la harceler…

Pour nous aider, ce secrétaire a demandé à son responsable syndical de venir nous rencontrer. Nous étions 4 enseignantes sur 5 plus l’aide maternelle. Il est venu au lycée, après la journée de classe, pour discuter avec nous. Il a senti que nous n’étions pas prêtes à lancer une action ouverte contre G 1ère,mais il a proposé de nous accompagner afin de trouver la meilleure solution pour résoudre les problèmes. Il a eu l’illustration de notre état lorsque nous nous sommes levées comme une seule femme, les larmes aux yeux, suite à l’annonce de notre secrétaire de CE de l’arrivée prochaine de la dirlotte pour une réunion de gestion dans le lycée. Nous avons demandé à sortir par un endroit où elle ne pourrait pas nous voir si elle arrivait en avance…

Par la suite, nous nous sommes réunis à plusieurs reprises chez moi afin d’essayer de dénouer la situation. Nous avons au bout d’un certain temps décidé d’écrire des courriers au président du comité de gestion, employeur de la directrice, au nom du CE, et à notre inspecteur, avec copie pour la dir*ection dio*césaine pour le volet pédagogie et vie de l’école. Dans ce courrier, nous faisions part de ce qu’elle m’avait fait vivre lorsqu’elle m’avait annoncé, le jour de la pré-rentrée, qu’elle allait partir avec MES élèves à M*ilan pour l’exp*osition un*iverselle. Elle m’avait aussi dit qu’elle préférait me le dire avant que les parents ne m’en parlent... eux, avaient été mis au courant pendant les vacances d’été…

L’inspecteur a demandé à nous rencontrer, en même temps que la directrice. Nous étions contre cette idée au départ, mais, finalement, cela a été profitable puisque nous nous sommes trouvées justifiées de notre démarche, qu’elle a subi des remontrances sur son attitude… A l’issue de la réunion, l’inspecteur a proposé que nous nous rencontrions pendant l’année scolaire suivante, afin de faire le point. Avant que nous partions, il a donné à lire à une collègue, un courrier de parents qui soutenaient la dirlotte. Cela aura de l’importance pour la suite.

Nous avons également sollicité un rendez-vous avec le dir*ecteur dio*césain. Il n’a pu nous recevoir que mi-juillet, date à laquelle j’étais en vacances en Bourgogne avec mon cher et tendre. J’ai donc pris le train pour faire l’aller-retour dans la journée. La rencontre s’est très bien passée, même si, et nous l’attendions, G 1ère a été en partie soutenue. Mais, on nous a assuré qu’elle serait sous tutelle renforcée. Nous sommes sorties de là un peu rassurée.

Alors que nous prenions un verre, nous avons demandé au responsable syndical qui nous avait soutenues et accompagnées ce que nous pourrions faire pour le remercier de son action pour nous. Il nous a répondu qu’il proposait à l’une d’entre nous, si elle était intéressée, de prendre une part active dans le syndicat par le biais d’une décharge syndicale de 3 heures par semaine. J’ai accepté. Et bis repetita pour l’importance par la suite.

A la rentrée, nous avons constaté la présence de G 1ère, pas vraiment agréable. Nous avions secrètement espéré qu’elle déciderait de prendre sa retraite dès septembre (elle aurait pu le faire il y a 3 ans déjà). Après nous avoir interdit de rejoindre nos collègues du lycée pour une rencontre au bowling proposée par le CE, elle s’est enfermée dans son bureau avec l’adj*oint au dir*ecteur dio*césain, qui avait changé pendant l’été. Nous avons hérité d’un personnage imbuvable, connu comme le loup blanc pour son manque de respect pour les enseignants, et son attachement, coute que coute aux directeurs. Il n’a pas daigné, comme à son habitude, venir nous saluer.

Lors de la première réunion prévue avec l’inspecteur, on nous a annoncé la présence non prévue, elle, dudit adjoint. L’inspecteur n’a pu que nous annoncer que son pouvoir était limité, qu’en tant qu’établissement privé, nous étions sous la responsabilité de la dir*ection dio*césaine… Nous sommes sorties dépitées, avec l’impression d’être revenues en arrière.

Nous attendions tout de même l’annonce du départ en retraite officiel de G 1ère. Il n’est jamais venu. Les seules infos que nous avons eues, c’est qu’elle clamait partout qu’elle était obligée de partir un an plus tôt à cause de son « équipe de merde »… Lors d’une réunion, elle nous a dit en pleurs qu’elle en avait marre qu’on passe par-dessus sa tête pour parler au CE (elle a interdiction d’assister aux réunions), qu’on faisait du « délit de sale gueule » à son encontre et autres joyeusetés.

La dernière affaire en date par rapport au CE avait été le signalement de la mise en place en toute illégalité de caméras de surveillance à l’extérieur de l’école et dans la cour de récréation !

L’année scolaire s’est déroulée cahin-caha jusqu’au retour des vacances de février. Nous avons appris à ce moment-là qu’elle était en arrêt de travail pour 3 semaines. On n’a pas sauté de joie (nous sommes humaines, quoi !), mais presque… La seule inconnue était sa reprise ou non au bout des 3 semaines, mais non, elle a prolongé jusqu’aux vacances de printemps. Je n’étais cependant pas confiante sur la fin de sa capacité de nuisance. Et la suite m’a donné raison.

 

 

Juste avant les vacances de printemps, un mercredi où nous étions en formation, j’ai été avertie qu’un de mes élèves ne viendrait pas à l’école les deux derniers jours, pour cause de harcèlement. J’ai eu l’information par la collègue qui a la délégation de direction. Elle-même avait été avertie par une femme de service à laquelle les parents avaient téléphoné. Persuadée que les parents voudraient me rencontrer, je me suis tenue prête à les recevoir. Ils ont refusé de me voir, et ont indiqué à la collègue déléguée de direction que de toute façon, il était impossible de discuter avec moi.

A la fin des vacances, j’ai reçu un mail signé de G 1ère, indiquant que l’élève en question allait changer de classe (il est en C*M*2, et dans l’école, il y a une autre classe de C*M*1/C*M*2). J’ai appris à cette occasion que la décision avait été prise en accord avec l’adj*oint au dir*ecteur dio*césain. Après enquête, la dirlotte avait repris pendant les vacances, pour se remettre en arrêt à la rentrée.

Le jour de la rentrée, la collègue déléguée m’a annoncé la présence dans l’école de l’adj*oint au dir*ecteur dio*césain qui voulait me voir. A peine entré dans le bureau, ce charmant homme m’annonce qu’il a reçu d’une lettre de plainte contenant des faits graves, mais qu’il n’est pas là pour m’entendre, que je recevrai un lettre de convocation de ses services… Je ne suis pas là pour m’expliquer, mais j’entends que je suis arrogante. Il prend pour preuve la façon dont je lui aurais parlé le jour de la réunion avec l’inspecteur… Je pense qu’il confond le ton de quelqu’un de profondément contrarié à cause de sa présence avec celui de quelqu’un d’arrogant… J’entends aussi que je suis tellement désagréable avec les élèves qu’ils n’osent même pas venir me parler. Il remet en cause les règles de vie mises en place dans ma classe et dans l’école au titre que la règle n’est pas la loi, et qu’un élève peut ne pas respecter la règle si elle ne lui convient pas… Lui, d’ailleurs, était un rebelle à l’école, qui remettait tout en cause. La convocation est arrivée pour le 30 mai, soit 15 jours plus tard.

J’ai rejoint ma classe 45 minutes après le début des cours, en pleurs…

J’ai envoyé un mail aux copains du syndicat le midi même. Sur leur conseil, j’ai rédigé un courrier au nom de l’équipe, exposant la situation de danger dans lequel était l’école à cause de cette situation. Je devais la présenter aux collègues lors de la réunion qui avait lieu le mercredi. J’avais aussi demandé à la présidente de l’a*ssoc*iation des pa*rents d’él*èves de venir à l’école pour que je puisse lui parler.

Le jour de la réunion, j’ai lu le courrier. Une des enseignantes (celle du premier syndicat et qui a refusé de nous soutenir dans l’affaire de la dirlotte) a tout de suite dit qu’elle ne voulait pas prendre parti, étant donné qu’elle est célibataire. Elle mélange tout ! Jamais son soutien n’aurait pu lui porter préjudice… La collègue déléguée n’a pas supporté de voir son nom cité, alors que ce n’était que pour indiquer que c’est elle qui avait reçu les informations… Elle nous a expliqué qu’elle avait appelé l’adj*oint au dir*ecteur dio*césain, qui lui avait dit qu’il lui interdisait d’intervenir… Les collègues qui me soutiennent vraiment étaient atterrées.

La présidente que j’ai rencontrée ensuite, avec une collègue, nous a lu un mail qu’elle avait reçu le matin même de la mère du gamin, disant que je martyrise MES élèves (et donc pas seulement son fils), que je suis la cause de l’arrêt de la dirlotte, que je prends le pouvoir dans l’école… J’ai pu constater que le changement de classe ne lui suffisait pas, qu’il fallait m’abattre. La gentille présidente (plus bête que méchante) m’a demandé s’il n’était pas encore temps pour moi de changer d’école… Je suis donc le problème, et il faut m’éliminer…

J’ai continué à travailler tant bien que mal dans ma classe, pensant au bien de mes élèves, chose qui m’importe plus que tout, quoi qu’en pensent certains.

Nous avons enfin appris que G 1ère prenait sa retraite quand la future dirlotte nous a annoncé qu’elle viendrait nous voir le mardi suivant. Elle m’a paru fort ouverte, mais j’ai frémi à quelques allusions qu’elle a faites…

Le lendemain, pendant la récréation, une collègue, sans penser à mal, m’a dit que la future savait tout de l’affaire. Quand je dis savait tout, elle n’a eu qu’une version, celle de l’adj*oint au dir*ecteur dio*césain. Je n’avais eu aucune possibilité de donner la mienne… J’ai alors senti tout tourner, et je me suis effondrée au milieu de la cour…

Mon médecin a commencé par me dire que je devais m’arrêter jusqu’à la fin de l’année. On a coupé la poire en deux, elle m’a prescrit un arrêt de 15 jours, qu’elle a effectivement prolongé quand je suis retournée la voir.

L’affaire a connu un nouvel épisode ce mardi. La mère, qui m’en veut définitivement, me demande par collègue interposée, de changer mes appréciations sur les bulletins de son rejeton, m’ordonnant d’effacer ce qui a trait au comportement du gamin et de le faire avant le 19 juin, elle ira vérifier. Elle ne veut pas que ce bulletin suive son petit chéri pendant le reste de sa scolarité. Or, elle ne sait pas que le gosse est connu pour son comportement. Il serait à HPI (haut potentiel intellectuel), ce qui excuse tout. Jamais je n’ai remarqué ou reçu de preuves de cet état. Il se fait remarquer partout où il passe par sa propension à se mêler de tout, à intervenir à tort et à travers, à refuser les conseils qu’on lui donne, à être violent (coups de pieds, de poings) en raison de prétendues provocations… Les parents m’avaient signifié, quand ils avaient daigné me rencontrer, qu’il ne faisait jamais que se défendre. Il avait d’ailleurs quitté une précédente école à cause de faits de harcèlement à son encontre.

Quant aux parents… J’ai relu leurs reproches à la lumière de leur action dans l’école : c’est eux qui ont écrit la lettre de soutien à la dirlotte, adressée à l’inspecteur ; monsieur est celui qui a fait poser les caméras de surveillance ; j’ai refusé de faire signer à mes élèves, en classe, une carte de soutien à la dirlotte alors que le gamin s’était exclamé en plein cours « avec moi et ma mère, on a fait une carte pour madame Biiip, il faut que tout le monde signe. ». Ces parents n’ont jamais cessé, et ils continuent de me donner des ordres.

Enfin, comment ne pas voir derrière tout ça l’empreinte de G 1ère, par désir de vengeance. Elle focalise sa haine sur moi qui ai eu l’affront de lui tenir tête, de participer (nous étions 5) à la mise au jour de ses turpitudes, d’être – crime de lèse-majesté ! – membre d’un syndicat mal vu par les hautes autorités morales…

Je passe par des hauts et des bas… Je pleure encore en écrivant certaines lignes, je suis révoltée par ce qu’on me fait subir (et je fais subir par ricochet à ceux que j’aime…), je suis sûre de mon bon droit et j’ai bonne conscience par rapport à mon professionnalisme, mais, paradoxalement, je ne peux pas m’empêcher de me dire que j’ai une part de responsabilité… Je reconnais quelques maladresses, mais je ne mérite pas autant de haine…