TROIOU KAER FROMFROMGIRL

Aventures et pensées, sûrement pas de grande valeur littéraire, mais toujours venant du fond du coeur.

13 mai 2008

Grrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr

J'ai parfois (souvent) l'impression d'être prise pour une truffe (même pas en chocolat) par certains parents. J'en ai eu un très bel exemple aujourd'hui.

Un de mes gentils élèves, ciseleur de protège-cahiers, sculpteur sur table, adepte du lancer d'affaires-des-voisins, expert-bayeur-aux-corneilles, surveillant en chef des mouches en vol, maître ès-réponses à côté de la plaque mention parle-à-tort-et-à-travers, et la liste de ses talents n'est pas exhaustive, n'avait pas réapparu en classe à l'issue des vacances de Pâques. Prenant peur parce que la maman du charmant bambin m'avait prévenue que ledit charmant garçon allait chez son père et risquait de ne pas revenir en bon état, je m'inquiétais et sonnais à diverses portes. Au bout d'une semaine, apprenant que le garçon avait été vu en ville, et même au club de foot, j'attendais des nouvelles... qui ne vinrent pas. Etant dans l'obligation de signaler toute absence non-justifiée d'un élève, la directrice lança appel à l'Education Nationale et écrivit une lettre recommandée qui lançait une procédure lourde pour la famille, à savoir le déplacement des services sociaux. Au bout d'une semaine, toujours pas de nouvelles... jusqu'à ce que débarque cet après-midi le cher enfant (pas ce matin, c'était dur de se lever), sans explication, la mère l'ayant laissé à la grille et n'ayant pas eu la moindre des politesses de monter me voir au premier étage... L'élève, sûrement briffé, répète à qui veut l'entendre qu'il a été malade pendant les trois semaines depuis la rentrée.

Je ne sais pas pourquoi, alors, j'ai du mal a me sentir autre chose qu'une animatrice de garderie (au mieux...), et je ne dénigre pas le boulot, l'ayant assuré moi-même.

Tiens, à ce sujet, je viens d'apprendre que dans le cadre du servive minimum mis en place en cas de grève dans l'enseignement, on fait appel à du personnel communal qui est payé 90€ pour 6 heures (d'accord, je ne sais pas si c'est net ou brut). D'après mes calculs, j'en gagne un peu plus de la moitié pour assurer un boulot d'institutrice avec toutes les responsabilités qui vont avec... Non, je ne me plains pas !!! N'empêche que - même si je sais très bien qu'il y a des situations inadmissibles à cause des Assedic pour des gens de grande valeur qu'on ose emm... avec des dossiers débiles qui rapporteront des clopinettes, CA M'ENERVE!!!! - n'empêche, donc, qu'il se trouve que l'Inspection Académique, mon Vénéré Employeur, me réclame 400€, trop versé de salaire pendant ma période d'accident de travail, pour cause de "plein traitement", qui représente 60% de mon salaire (environ le SMIC)... Sachant que ce même Très Honorable Pourvoyeur d'Emploi m'a versé 1300€ depuis le 10 mars, voyez ce que ça signifirait si j'étais encore seule...

M'enfin... De quoi me plains-je !!!!! Y A LES VACANCES !!! dans 8 semaines...

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09 mai 2008

Plongée dans l'histoire

Jeudi 1er et hier, nous sommes allés voir deux lieux de mémoire : la Coupole à Saint-Omer et le blockhaus d’Eperlecques. Ce sont deux lieux qui étaient prévus pour être des bases de lancement des V1 et des V2, monstres chargés chacun d’1 tonne d’explosifs, qui devaient servir à détruire Londres, entre autres. C’est dans ce genre d’endroit où on touche l’histoire du doigts que je me rends encore mieux compte de ce que les hommes sont capables de faire de leur génie. Seulement, au lieu de la beauté ou de la sérénité des édifices religieux que j’aime tant, c’est la technique mise au service de la barbarie que nous avons vu. Je suis encore marquée par ces visites, glacée par l’ombre des bâtiments, paradoxal quand il fait plus de 25°C à l’extérieur et que l’on ressent passant à proximité du blockhaus un froid provoqué sûrement par l’humidité présente, mais sans doute aussi par l’inhumanité de l’architecture démesurée. Des murs de 5 mètres d’épaisseur garantissaient qu’aucune chaleur, même humaine, ne franchiraient ces « usines » destinées à la destruction massive. Les alentours de ces deux monuments sont encore marqués par les cratères provoqués par la chute des bombes alliées dont certaines, les « Tallboys », portaient des charges de 6 tonnes de munitions. La nature ayant regagné ses droits, les trous d’impacts sont parfois devenus des mares, des arbres et de la végétation recouvrent certaines cicatrices.

Dans la Coupole, de nombreux films expliquent comment étaient construits les bâtiments, quelles étaient les conditions de vie des « ouvriers », quels étaient les enjeux de la maîtrise d’armes comme le V2 (dont le concepteur se verra proposer par les Américains de travailler pour eux à la fin de la guerre pour mettre au point les fusées spatiales), mais aussi la vie dans cette région si particulière au niveau géographique en Europe. Le Nord-Pas-de-Calais était une « zone interdite ».

Visites très marquantes, donc, et dont voici quelques photos (prises par mon Cornus).

                                                          

La Coupole

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Moteur de V2                  

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V2               

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V1

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Blockaus d'Eperlecques

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V2

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Bombe "Tallboy"

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Rampe de V1

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30 avril 2008

JE HAIS LES CONCOURS !

Mais bon, au moins c'est terminé...

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27 avril 2008

Bouée d'eau niaise

Gastronomie, donc...

Puisqu'on m'a fait saliver devant une photo et qu'on n'a pas osé me montrer le dessert chez Mâme K., je vais à mon tour vous narrer le menu de ce jour : le plat de résistance n'avait sans doute rien d'exceptionnel, bien que la ratatouille sans poivron et sans aubergine qui accompagnait le poulet rôti n'était pas mauvaise.

Le dessert quant à lui... De même que j'ai transformé la ratatouille, la forêt noire, qui était la recette de base, est devenue un gâteau au chocolat garni de fraises et de crème Chantilly, nappé de cette même crème. Voilà voilà !

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27 mars 2008

ÇA AVANCE… vite !

En lisant les commentaires chez monsieur K., je me rends compte que je n’avais pas compris celui de Cornus sur les « niches » (je crois que je ne suis pas la seule…)

Et j’ai compris !!! Eurêka ! Le « on » de « on nous propose » concerne les gentils agents immobiliers que nous avons pu fréquenter ces 3 derniers jours. En effet, il y a quelques temps, nous nous étions dit que nous pourrions songer à acquérir un appartement ou une maison pour ne plus avoir l’impression de payer « à perte » pour un logement. Nous avions alors pris contact avec notre banque pour avoir une estimation de ce que nous pourrions emprunter. Munis de cette info, nous avions commencé a regarder les annonces dans les journaux spécialisés ou au devantures des agences. Cela nous avait déjà renseignés sur la modicité de notre budget et la relative rareté de biens dans nos cordes. Néanmoins, nous avons commencé à pousser la porte des agences ou des notaires, où nous avons été reçus de manière différente selon les lieux. Cela va de « mais, nous n’allons pas vous donner des adresses, nous prendrons rendez-vous ultérieurement », à des regards entendus à l’annonce de notre budget, mais aussi à la considération plus attentive de notre demande. Toutefois, les biens qu’on nous a proposé dépassaient la somme que nous avions annoncée, assortis de « on peut toujours négocier »…

Il y a cependant une agence où nous avons trouvé que l’accueil était plus chaleureux, « familial ». La femme qui nous a accueilli mardi nous a proposé de visiter 3 maisons dès le lendemain. Nous avons donc commencé les visites hier vers 18h, par une maison avec garage (c’était un des souhaits de mon Cornus à moi). Mais, en fin de compte, le garage était la partie la plus intéressante… La maison, dont toutes les chambres ne sont pas équipées de radiateurs, s’est révélée petite, peu agréable en définitive, et surtout hors de prix par rapport au bâtiment d’habitation. La propriétaire actuelle, nous a suivi partout, nous faisant l’article de tous les éléments dignes d’intérêt, à son avis. La 2e maison, sans garage, typique des maisons de ville de la région, c’est à dire relativement étroite, à la façade en briques rouges, nous a surpris par sa profondeur (au moins égale à trois fois sa largeur). Chaque mur, chaque recoin de la maison est garni de bibelots en tous genres, de poupées. Nous avons repéré une assiette avec le portrait de Paul VI et une photo de Charles Aznavour dans un cadre. Le couple qui l’habite n’a pas arrêté de nous dire « après, les gens, ils font ce qu’ils veulent », comme pour se justifier de l’accumulation d’objets. La troisième maison, toute en hauteur – la chambre la plus grande se situe au 2e étage – nous a semblé négligée. Les fenêtres des étages ne semblaient pas être en bon état du tout, des tuiles du toit étaient soulevées… La femme qui était présente avec deux enfants, nous a à peine prêté attention, nous saluant du bout des lèvres…

A l’issue des visites, la femme nous a demandé notre sentiment sur les maisons. Au premier contact avec elle, elle nous avait d’ailleurs dit que les premières visites servaient surtout à cerner plus précisément les besoins et les goûts des futurs acheteurs. Je lui ai alors fait part de l’intérêt que je portais à la deuxième maison, intérêt dont j’avais partagé la primeur avec mon mari à môâ. Elle nous a alors affirmé que le prix affiché à l’agence pouvait et allait être revu à la baisse : avec une réduction substancielle, le prix arrivait même en deçà de nos possibilités… Nous avons décidé de lui donner notre réponse ce matin, qui a été… OUI ! Nous avons donc signé ce soir pour les premières démarches devant aboutir demain à la signature du compromis de vente !!!

Donc, si tout va bien, nous devrions être propriétaire d’ici 3 mois d’une maison de  130 m2 habitables, comprenant un séjour, un salon avec cheminée, une grande cuisine, une extension d’habitation sous forme de « véranda », de 3 chambres et d’un jardinet.

Ça fait drôle de penser que nous aurons bientôt une maison à nous, mais qu’est-ce que c’est chouette !

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24 mars 2008

Ça ne vous a peut-être pas échappé, mais j'aime la neige ! Et ce week-end n'a pas été mal dans le genre. Hier matin, il y avait entre 3 et 4 cm de neige sur les plantes et les voitures (Cornus vous en a montré deux photos). Il y a de belles averses de gros flocons dans l'après-midi, mais cela n'a pas tenu, hélas. Mon Doux et Tendre a essayé de faire quelques photos, dont certaines sont parfaitement artistiques !!!

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Ce matin il n'y avait plus qu'un petit centimètre sur les voitures, rien au sol. Mais comme une grosse averse s'est déclarée en milieu d'après-midi aujourd'hui, nous avons pris la voiture pour nous rendre sur le point culminant des Flandres, le Mont Cassel, 177 m d'altitude, où le spectacle ne nous a pas déçu !

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23 mars 2008

Miam !

La semaine dernière, j’ai fêté mon 40e anniversaire, et comme je suis entourée de gens généreux, j’ai eu des vœux qui devraient me permettre d’obtenir tout ce que je désire - et même plus ! – et quelques présents immédiats… Mon Amour à moi m’a fait présent d’un magnifique pendentif et de sa chaîne qui ne quittent plus mon cou (sauf pour dormir quand même). Joli-papa et Belle-maman m’ont, quant à eux, sur une excellente proposition de mon Chéri et par son intermédiaire, offert une machine à pain. Depuis le temps que j’en avais envie ! De plus, ce n’est pas n’importe quel appareil : on peut y préparer des pains de trois tailles différentes, y faire différentes pâtes et des confitures. De plus, l’ailette de pétrissage s’abaisse en fin de cuisson, ce qui facilite le démoulage, parce qu’elle ne reste pas plantée au beau milieu du pain…

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A l’heure où j’écris, est en train de cuire un pain complet. Dommage, vous n'avez pas l'odeur ...

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C’est le 5e pain en 8 jours ! Une de mes tantes qui avait eu la bonne idée de venir nous voir ce 15 mars – en route pour un mariage dans la région – nous avait mis en garde contre le risque de rater les 3 ou 4 premières fournées. Je dois avouer que le premier pain préparé pour le repas du soir a été magnifique ! Bon, ayant voulu faire un pain de taille moyenne, nous nous sommes rendu compte que la quantité est un peu importante , et que le pain a gonflé jusqu’à atteindre le couvercle de l’appareil. Depuis, nous nous contentons de « petites quantités » de pain. Le seul semi-ratage, c’est le pain brioché dans lequel j’ai mis un peu trop de levure… Nous avons eu le bonheur d’un premier nettoyage intégral de l’intérieur de la machine. C’est pas de la tarte !

Tiens, en parlant de tarte, comme c’est Pâques (j’espère qu’elles ont été joyeuses pour vous !), et que c’était un peu blanc ce matin, il était logique de faire des œufs… à la neige ! Et tant qu’à faire, les transformer en meringue, elle même recouvrant une tarte au citron ! (pfffffffff… quel cheminement tortueux !) C’était une première pour moi, et mis à part ladite meringue qui n’est pas assez ferme, le résultat n’est pas trop mauvais.

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Depuis que j’ai retrouvé une très grande partie de mes facultés poignètières, je peux à nouveau m’adonner à la préparation de petits plats. Ça fait du bien ! Comme j’ai eu l’occasion de le dire sur un blog ami, partager les plaisirs de la table est une vraie joie. Pour moi toute seule, je ne prépare pas grand chose de terrible. Mais quand il y a d’autres personnes que moi, alors là ! Le mariage (et surtout la vie à deux !!!) m’a donné l’occasion de me lâcher. Ce n’est pas que je fasse des choses extraordinaires, mais je prends le temps… Ces deux derniers week-ends, je m’en suis donnée à cœur joie, bien secondée par mon Cornus. Pour le repas d’anniversaire, nous avions concocté des canapés à la mousse de confit de Saint-Jacques et aux rillettes de maquereau, suivis de langoustines (relativement rares dans la région, hélas, les Flamands ne semblant pas apprécier les nourritures marines) et de crevettes, de dos de cabillaud à la sauce langoustine (encore !!!) et d’un gâteau au chocolat que je n’avais pas fait moi-même. Cette fin de semaine, nous avons dégusté du boudin noir avec des pommes hier midi, du rougail de saucisses hier soir, des asperges, de l’épaule d’agneau et de la tarte au citron meringuée ce midi, et demain, ce sera maquereaux frais avec une fondue de poireaux. Miam miam !!!

Dites, vous venez quand pour que je prépare quelque chose pour vous ?

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19 mars 2008

Réputation transrégionale (bis)

Bis parce que vous trouverez l'original ici...

Mais moi, je vais vous montrer l'évolution !

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02 mars 2008

Où sont mes 18 ans ?

Ouh la la ! Je me pose des questions, moi ! Mes 18 ans, ils sont un peu moins loin que mes 17 et 16 ans… Woaw ! Quelle pensée profonde !!!  En tout cas, ce sont 3 années que j’ai passées en pension, à 15 kilomètres de la maison.

La particularité de ce pensionnat, c’est qu’il est tenu par des religieuses, des Ursulines plus exactement, qui portent encore une tenue différente du commun des mortels. Pas de cornette quand même ! mais une jolie tenue bleu marine et un petit voile du même métal. J’en profite pour faire une petite digression historique : Les Ursulines sont arrivées à Quimperlé au milieu du XVIIe s. En 1665, elles font construire un couvent dont elles sont expulsées en 1792. Comme elles sont tenaces, elles reviennent en 1807 et rachètent le couvent, dont elles sont à nouveau chassées en 1907. Leur couvent devient une école publique primaire de jeunes filles, et, acquis par la Ville en 1925, on y installe un collège qui prend le nom de Saint Jules Ferry. (Actuellement, la très belle chapelle du couvent sert de salle d’exposition pour des œuvres modernes). Certaines religieuses se réfugient alors en Angleterre. Mais c’est tenaces qu’elles sont que je vous ai dit ! Elles reviennent donc en 1914. Elles s’installent là où j’ai fait mes études en 1927, et elles y sont encore.

Les religieuses que j’ai le plus fréquentées, on les appelait « Momo » (Marie-Monique), « Charlie » (Marie-Charles), « Précoce » (Jeanne-Marie, qui doit son surnom au fait qu’elle a eu de la moustache très tôt…) et sœur Anne (ça, ce n’est pas un surnom, quoiqu’elle était semblable à celle qui ne voyait rien venir !).

Mais avant de parler d’elles plus précisément, je me dois de vous raconter quelles étaient les conditions de vie. Le cadre général du lycée, installé dans un parc arboré, n’était pas mal du tout. Le jour, les conditions de travail au lycée étaient tout à fait normale. Mais la nuit… Pour rejoindre l’internat, il fallait traverser ledit parc arboré, et l’hiver, ça valait le détour, dans le noir absolu ou presque, avec des craquements de branches et autres bruits (beaucoup moins drôle, une jeune fille y avait été violée quelques années auparavant).

Pour le coucher, imaginez des dortoirs aménagés en « boxes » (pas comme le sport, mais comme l’espace attribué aux chevaux dans les haras !) de 2m sur 1,5 m, délimités par trois cloisons ne montant pas jusqu’au plafond, le quatrième côté étant constitué d’un rideau. Mais le mieux, c’était les sanitaires… Comme il n’y avait que 6 douches pour environ 80 pensionnaires, les douches bénéficiaient d’un planning hebdomadaire. Nous avions droit à deux douches par semaine jusqu’à la terminale, année où l’accès était libre. Encore plus chouette : pour préserver notre intimité, nous n’avions pas à nous laver aux lavabos communs, mais on nous fournissait en début d’année, un broc et une cuvette en beau plastique bleu, si mes souvenirs sont bons. Nous allions donc puiser l’eau aux robinets des lavabos. De l’eau… froide parce que le système sanitaire n’était pas assez puissant pour faire monter l’eau chaude jusqu’au deuxième étage où nous étions. Ensuite, entrées dans nos chambres, nous devions faire tenir le tout en équilibre sur environ 40 cm2, surface du petit meuble jouxtant une petite penderie où nous devions faire tenir nos affaires . Vous pouvez imaginer la dextérité dont nous devions faire preuve pour verser l’eau dans la cuvette, sans en mettre à côté, et surtout pas sur le bureau qui touchait le tout. Et bien sûr, comme il ne fallait pas en mettre sur le bureau, imaginez ce que j’ai fait ! Une belle copie résumant « Les choses » de Georges Perec attendait sur mon bureau que je la range dans mon cartable, rangement non effectué pour cause d’extinction des lumières au moment où je mettais un point final au travail qui, par ailleurs, m’avait barbé comme tout travail du genre – non pas à cause du livre, mais à cause du pensum qu’a toujours été le résumé d’un livre. L’extinction de la lumière avait lieu à 22 h pour les élèves de Seconde et 22 h30 pour les élèves de Première et de Terminale. Le matin, donc, très bien réveillée comme à mon habitude, j’ai versé le contenu du broc sur ma copie. J’ai quand même tenu à apporter ladite copie à ma prof de français en témoignage de ma bonne foi…

Il me semble que la rédaction de cette œuvre a du être faite pendant les mois où il ne faisait pas trop froid, sinon, j’aurais sûrement travaillé dans mon lit, et donc la ranger immédiatement dans mon sac. Pourquoi cette réflexion, me direz-vous ? (et même si vous ne me le dites pas, je vous répondrai quand même…) Tout simplement parce que la température dans les dortoirs ne dépassait guère les 13°C en hiver. Ma Môman à qui j’en avais fait part le dit aux personnes concernées, qui se dépêchèrent d’en parler aux gens de l’art, qui se rendirent compte que la chaudière était montée à l’envers… De ce moment là, nous eûmes de l’eau chaude à tous les étages, 2 mois avant que je ne quitte l’établissement.

Parmi les joyeusetés de l’internat, il y avait aussi l’obligation formelle de prendre ses repas deux fois par jour au self. Aïe aïe aïe ! Je crois que je n’ai jamais aussi mal mangé de ma vie. Et surtout le vendredi, jour du poisson, et jour où mon niveau passait toujours en dernier. Voici un menu type : demi-pamplemousse (c’est tout ce qui restait comme non-choix), poisson à la sauce verte, rose ou orange selon l’humeur du cuisinier, toujours gluant à l’arête avec des patates pas cuites. En dessert, une banane la majorité du temps. Le soir c’était plutôt ratatouille en boîte, épinards hachés et œufs durs, dur dur… L’idée était alors de se précipiter de l’autre côté de la rue, au magasin L*eclerc pour faire provision de cochonn…euh de provisions de bouche, pendant l’unique heure de sortie qui nous était accordée dans la semaine. Je crains bien d’avoir pris de très mauvaises habitudes à partir de cette époque.  L’unique heure de sortie s’est transformée en deux en Terminale (qu’est-ce qu’ion avait comme privilèges cette année-là !) par décision unilatérale de nous-mêmes, pensionnaires, qui nous sommes mis à laisser un simple mot sur la table de la surveillante du dortoir, ladite « Charlie », qui de toutes façons n’était jamais là.

Un autre avantage de cette absence pendant ce qui était censé être un moment d’étude, (chose impossible pour les Premières et les Secondes qui devait effectuer le temps d’étude dans une salle du même nom), c’était les parties de tennis-chausson dans les couloirs, les vidages consciencieux de poubelle à papier par-dessus les cloisons sur le lit de la voisine, et autres amusements de ce type.

Il est temps maintenant des nous intéresser aux personnages dont j’ai déjà fait mention.

« Momo », surveillante du dortoir des Secondes et des BEP 1ère année, était une personne fort avenante, très souriante, au teint jaunâtre qui se promenait dans les couloirs, à demi penchée, les mains derrière le dos. Sa spécialité, la nuit, était de venir secouer les pieds des pensionnaires qui avait le tort de « respirer un peu fort » (je n’ai pas dit ronfler). Votre servante (courbette…) en a fait l’amère expérience… Ce n’est pas du tout brutal comme méthode, et ça incite au rendormissement immédiat ! L’autre affectation de cette charmante femme était le CDI , et en particulier la photocopieuse. Toute reproduction de document demandée se faisait en contrepartie du paiement d’une « faible » somme. Mais, le plus étonnant était la métamorphose de la sœur. Lorsqu’elle n’avait pas les mains dans le dos, elles se frottait lentement les pouces contre les index (ou l’inverse), mouvement qui s’accélérait fortement lorsqu’elle demandait combien de photocopies il fallait !

« Précoce » avait l’honneur d’être l’infirmière de l’école. Lorsque vous aviez mal quelque part, elle vous donnait généreusement des pastilles « V*ichy », ou vous vendait 1 F un cachet d’aspirine. Durant les trois années que j’ai passées là-bas, tout ce dont j’ai pu souffrir était « psychologique ». Comme la fois où j’avais une déchirure musculaire à la cuisse, ou bien cette autre fois où, ayant à moitié tourné de l’œil après le déjeuner, j’étais allée la voir pour demander à m’allonger : je m’étais retrouvée dans le dortoir des 6e, sur un lit, sans couverture. Ce n’est que vers 16 h 30 qu’elle était venue me voir, pensant enfin à me demander de prendre ma température. Résultat : 39°C. Elle m’avoua alors qu’elle avait pensé que je voulais sécher le devoir sur table qui avait lieu ce jour-là. Mais, ce n’était pas là son moindre défaut ! C’est la pire mauvaise langue que j’aie connue, qui répétait à qui voulait l’entendre les détails de la vie privée des élèves et de leur famille.

J’ai une tendresse particulière pour « Charlie ». Elle n’avait pas les pieds sur terre, était d’une naïveté assez stupéfiante. Elle avait la réputation de beaucoup aimer tâter les garçons. N’en étant pas un, je ne peux pas confirmer. Un des souvenirs les plus marquants que j’aie d’elle s’est produit en deux temps. Premier acte : elle nous avait réuni, comme elle aimait beaucoup le faire, pour nous parler d’un problème essentiel. En effet, tous les vendredis, elle trouvait dans la poubelle du dortoir les aliments que certaines pensionnaires n’avaient pas consommés et qu’elles ne voulaient ni laisser dans leur armoire, ni remporter chez elles. Ce fut le cas de yaourts retrouvés alors qu’ils n’étaient pas périmés. Elles nous demanda donc de lui confier ce dont nous ne voulions plus.

Deuxième acte : un lundi,  nouvelle convocation d’une Charlie en pleurs. Entre les sanglots, nous entendons que quelqu’un a voulu l’empoisonner au « sciure »… Ce que nous traduisons après un peu d’hésitation par « cyanure » ! Quel effroi ! On avait déposé sur son lit, dans son box personnel, un gâteau à la couleur et à l’odeur suspectes, d’où l’analyse. Après un long moment consacré aux sanglots, elle demanda à la coupable de se dénoncer, l’assurant de relatives circonstances atténuantes. Dans le courant de la semaine, je vois venir à moi une co-pensionnaire, sûrement une des plus sérieuses du dortoir (j’ai appris assez récemment qu’elle est mariée à un Saint-Cyrien, qu’elle a 7 enfants p’tête même 8 à l’heure qu’il est, ce qui tend à démontrer que ce n’était pas la plus déjantée des pensionnaires…), l’air complètement chaviré, qui m’avoue ne pas savoir s’en sortir, puisque c’est elle qui a déposé le gâteau… Elle est catastrophée par le tour qu’ont pris les évènements, elle qui pensait faire bien en offrant la dernière part d’une pâtisserie faite par sa mère (pas un joyeux luron, elle non-plus !) et qui était fourrée aux myrtilles. Lesquelles, après une semaine, s’étaient un peu laissées aller… L’histoire finit bien car l’élève modèle ayant expliqué son cas, elle fut absoute illico presto.

Sœur Anne qui ne voyait rien venir, était prof de math. Un peu lunatique, elle nous disait bonjour à chacun quand nous défilions devant elle, mais ne se rendait compte du retour d’un absent qu’au bout d’une demie heure, elle se mettait alors en colère, parce qu’on ne l’avait pas prévenue de ce retour… C’est elle que j’ai eue en cours en Seconde, alors que je me destinais à une carrière scientifique. M’ayant jugée très lente, elle me proposa à la fin de l’année de redoubler ou de passer en Première littéraire. Je décidais de prendre la deuxième option, et je crois que j’ai bien fait. En Première, pas de sœur Anne, mais le prof des Term C, qui vient me voir au bout de quelques cours et qui me demande pourquoi je ne suis pas en filière scientifique… En Term, retour de la vengeance de sœur Anne II. Je commence l’année avec des notes minables, puis elle tombe malade, et est remplacé par le prof des C ! Je vous le donne en mille, mes notes ont remonté en flèche.

Sa maladie a quand même eu des répercussions sur nous, puisqu’on l’a diagnostiquée tuberculeuse, ce qui fait que toute la classe a eu le droit à une cuti-réaction, qui chez moi à plus que réagi. D’où radios au dispensaire, tellement bien prises qu’elles ont fait penser que j’étais atteinte aussi. Chose qui sera démentie par des radios faites ailleurs.

Parmi les personnages « secondaires » de la communauté, il y avait une charmante (vraiment pour le coup !) petite vieille qui surveillait le soir la salle où les terminales avaient le droit d’aller jouer à quelques jeux de société. C’est une salle que j’ai fréquentée dès la Seconde, grâce à l’intervention de ma sœur aînée, en Term cette année-là, qui m’avait introduite en raison du cafard profond qui m’avait atteint à cause de la pension. Une des personnes présentes dans cette salle se mit à nous apprendre à jouer à la crapette - jeu que j’apprécie toujours - et par la même occasion entraîna la petite sœur Marie-Raphaëlle dans nos parties endiablées !

Une des sœurs donnait des cours aux Terminales en vue de présenter l’option EMT au bac. La pauvre était un peu disgraciée par la nature, et ne semblait avoir qu’une incisive supérieure centrale au lieu de deux. Un jour, elle arrive, lunettes cassées et lèvre fendue. En voulant aller chercher une des voitures de la communauté (à ce propos, pour avoir testé, je confirme que les religieuses conduisent comme des pieds, et qu’elles confient le bon déroulement du voyage à saint Christophe…), elle n’avait pas remarqué une porte vitrée et se l’était prise de plein fouet. Une des intelligentes élèves qui prenait part au cours, eut alors la bonne idée de lui demander si ses dents n’avaient rien eu… Pour vous montrer l’intelligence de cette jeune fille – et puis parce qu’il n’y a pas de raisons que seules les sœurs en prennent pour leur grade- lorsqu’elle parlait de son copain, elle précisait qu’il avait les yeux « complètement bleus ». De plus, comme elle faisait du naturisme l’été avec ses parents, il fallait qu’elle soit mince. Elle avait donc remplacé le morceau de chocolat de son goûter par des bananes… au sucre.

Enfin, la dernière sœur sur laquelle il y a quelque chose à dire, s’appelait Gonzaga, limitait le nombre de tartines de pain par élève au self, séparait les garçons et les filles sur les tables. D’origine tchèque, elle avait un accent à couper au couteau ce qui fait que personne ne la comprenait. Elle avait dû fuir son pays au moment de l’invasion soviétique, et n’avait dû son salut qu’au fait qu’un soldat compatissant l’avait accompagnée jusqu’à la frontière.

Je suis sûre que si je cherchais, je trouverais certainement d’autres anecdotes à raconter. Toujours est-il que malgré tout, je garde un très bon souvenir de cette époque. J’en ai retiré deux caractéristiques qui font ma réputation : je suis très résistante au froid, et je mange toujours autant de chocolat…

Posté par fromfromgirl à 19:37 - Commentaires [46] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 février 2008

Cuvée 2008

Non ! Bugnée 2008...

Comme annoncé dans un commentaire chez Mme K., nous sommes allés échanger contre monnaie sonnante et trébuchante les ingrédients nécessaires à la réalisation des bugnes.

Je me permets à ce propos, de rectifier la liste des ingrédients de la recette 2007 ici notée. Non pas que je dénigre le travail fabuleux du non-moins fabuleux Cornus, mais il faut bien avouer que si vous avez testé la recette, vous vous êtes sûrement plantés ! Rectifions donc :

Ingrédients

  • Farine : 500 g  : OK

  • Beurre salé (oui, c’est une adaptation bretonne, parce que dans le Lyonnais et en Bourgogne, on ne mange pas de beurre salé) : 200 g 250 g

  • Levure de boulanger : q.s.p. 500 g de farine ou 2 sachets de levure en grain (nous n'en avons mis qu'un cette année, ça dépend de la marque)

  • Sucre : une cuillère à soupe, mais adaptation bretonne oblige, on passe à 3 cuillères à soupe 50 g

  • Extrait de fleur d’oranger : 2 cuillères à soupe 2,5

  • Un jus de citron : OK

  • Sucre glace : OK

  • Huile de friture : 1 à 1,5 l OK

  • ET LES OEUFS ALORS ? : 5

Pour la partie réalisation, mon Cornus a maîtrisé son affaire, je me suis contentée, pour ma part, de prendre des photos moches, floues et mal cadrées... Mais j'ai des excuses !

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Voici le résultat !

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Et à titre de comparaison, les bugnées 2006 et 2007

B_2006

B_2007

Et pour les fins observateurs, eh oui ! nous avons encore changé de toile cirée !!!

Posté par fromfromgirl à 21:56 - Commentaires [25] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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